GRAPHOLOGIE & MORPHOPSYCHOLOGIE

Voici les réponses à des questions qui nous sont constamment posées lors des séminaires, des cours ou des conférences :

– Peut-on croire à la graphologie ou à la morphopsychologie?
– Le verbe «croire» n’a que faire ici. Si un croyant dit qu’il croit en la résurrection du Christ, alors – que je partage ou non sa foi – je sais qu’il emploie le verbe juste. Mais ces techniques pour essayer de mieux comprendre l’être humain que sont la graphologie et la morphopsychologie ne sauraient être l’objet d’une «foi» quelconque. Je suggère plutôt une attitude de scepticisme ouvert, c’est-à-dire d’examen objectif, sans jamais perdre son esprit critique, mais en essayant de voir si les innombrables observations faites par de nombreux chercheurs durant un siècle ou plus n’ont pas abouti à des constats méritant d’être pris au sérieux. Des scientifiques ont cru pouvoir démontrer que la graphologie n’a point de valeur objective. Comme aucun graphologue, à ma connaissance, n’a daigné leur répondre, j’ai cru bon de le faire en 1988, dans ma revue «Ouverture». Ce fut facile, car ces arguments «scientifiques» contre la graphologie ne portaient pas sur l’essentiel et révélaient une méconnaissance flagrante des travaux sérieux des graphologues compétents – les charlatans foisonnent en graphologie et en morphopsychologie comme ailleurs, et ces scientifiques avaient dû en rencontrer plusieurs. CB

– Qu’est-ce qu’une «belle» écriture, aux yeux du graphologue?
– Bien des gens croient avoir une écriture laide et souffrent d’un sentiment d’infériorité à cet égard. Or ce sentiment est le plus souvent injustifié: encore sous l’emprise du modèle scolaire d’écriture, les personnes non familiarisées avec la graphologie s’imaginent qu’une belle écriture, c’est une écriture calligraphique. Le graphologue, lui, admirera plutôt une écriture harmonieuse, rythmée, alerte, d’allure personnelle, affranchie des contraintes du modèle scolaire tout en restant relativement lisible et, surtout chez les scripteurs intellectuels, une écriture «simplifiée», c’est-à-dire dépourvue de fioritures et autres ornements inutiles. CB

– Pourquoi est-on attiré par certaines écritures alors qu’on est repoussé par d’autres? De même pour les visages: certains visages «beaux» laissent de marbre, d’autres, peut-être moins beaux (selon quels critères?), émeuvent tel ou tel…
– Le graphologue constate que la sympathie ou l’antipathie ressentie devant l’écriture d’une personne encore inconnue est un signe avertisseur à ne pas négliger – qu’il s’agisse d’amitié, d’amour ou de relations dans le travail. Quant aux visages, la question est complexe, car nous sommes souvent attirés par les êtres qui incarnent l’aspect de la vie qui est resté en friche ou qui a été refoulé en nous. Bien que son système soit trop schématique, le psychiatre Szondi a su mettre cela en évidence par un test fameux reposant sur huit pulsions fondamentales, formant quatre paires d’opposés: nous réagirions favorablement aux visages correspondant à une pulsion que nous acceptons en nous, et défavorablement à une pulsion que nous refoulons, tandis que nous resterions indifférents aux visages qui ne correspondent pas à nos propres pulsions, acceptées ou refoulées. Mais il faudrait tenir compte d’autres aspects, par exemple du complexe d’Œdipe: certains hommes sont attirés par une femme ressemblant à leur mère, d’autres par une femme de type tout différent… CB

– Peut-on deviner le sexe d’après l’écriture? A notre époque, peut-on encore opposer des écritures qui seraient « viriles » et des écritures qui seraient « féminines » ? Ne s’agit-il pas là de stéréotypes dépassés ?
– Un bon graphologue devine souvent s’il a affaire à une écriture de femme ou à une écriture d’homme, mais il faut, surtout en une époque où les mœurs évoluent assez rapidement, se garder d’être prisonnier des stéréotypes sexistes. De nos jours, bien des femmes au caractère bien trempé exercent des fonctions de direction qui les obligent à adopter des attitudes qui – il y a deux générations – eussent été considérées comme «viriles». Leur graphisme présentera peut-être des caractéristiques liées à une forte volonté, à une capacité de décision et de direction, mais dans leur vie privée ces mêmes femmes peuvent se révéler très féminines – surtout en présence d’un homme dont elles sont éprises. De même, certains hommes, notamment des âmes de poètes, peuvent présenter un graphisme empreint de tendresse – et par ailleurs se révéler d’une virilité tout à fait satisfaisante dans leur vie amoureuse. Le graphologue, vous le voyez, doit vivre avec son temps et adapter ses connaissances à la société dont il fait partie tout comme ceux qui se confient à lui. Vigueur et tendresse ne sont pas incompatibles, les hommes des nouvelles générations commencent à le comprendre, mieux que leurs ancêtres. CB

– La graphologie et la morphopsychologie permettent-elles de mieux deviner les pulsions du ou de la partenaire en amour ?
– A la condition de rester conscient des limites de toute approche pour mieux comprendre l’être humain, qui est et restera toujours si complexe, avec une part de mystère, oui, j’ai maintes fois pu constater combien la graphologie et la morphopsychologie s’avèrent précieuses pour résoudre des problèmes de communication dans le couple ou élucider des situations triangulaires en amour (couple + amant ou maîtresse). Evidemment, il serait souhaitable que le graphologue ou le morphopsychologie fût alors aussi sexologue, psychologue ou psychanalyste. CB

– Le graphologue ou le morphopsychologue peuvent-ils se tromper?
– Ils ne sont évidemment pas infaillibles. Mais ils risquent beaucoup moins de commettre de graves erreurs – parfois lourdes de conséquences – s’ils demeurent conscients, tout au long de leur travail, des inévitables limites de leur technique: elle est une parmi bien d’autres approches de l’être humain. Or l’essence même de l’être humain échappe à n’importe quelle connaissance, scientifique ou non: nos connaissances, bien qu’elles progressent à travers l’histoire, et à un rythme toujours plus rapide, ne peuvent qu’être «humaines, trop humaines», c’est-à-dire en l’occurrence limitées. Croyant ou mécréant, le «psy» qui ne se monte pas la tête pourrait paraphraser les théologiens quand ceux-ci affirment que Dieu seul connaît chacun de nous. CB

– La morphopsychologie ne serait-elle pas d’inspiration raciste?
– Ne confondons pas la morphopsychologie moderne avec la «phrénologie» qui mesurait les crânes à une époque où l’on divisait l’humanité en citoyens respectables et en voyous ou criminels, et d’autre part entre Blancs faits «de nature» (!) pour diriger le monde et «nègres» faits («de nature» aussi!) pour travailler dur et à coups de bâton au service de leurs maîtres. C’est une pseudo-science que celle des nazis qui croyaient pouvoir affirmer la «supériorité» des Aryens sur les Juifs, les Jaunes ou les Noirs. Tout au contraire, la morphopsychologie moderne, issue notamment des recherches du docteur Corman, me semble une voie vers une meilleure compréhension de chaque être dans ce qu’il a de particulier, voire d’unique. Elle favorise ainsi le respect mutuel. Un morphopsychologue sait que la dynamique d’un groupe, à l’école, au travail, dans une société, et aussi dans la famille, est meilleure si ce groupe est composé d’êtres différents, apportant chacun ses particularités, lesquelles entrent en interaction avec celles des autres. Cela est valable également à l’échelle de notre planète ! CB

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