PRÊTRES CATHOLIQUES PEDOPHILES

Soudain on ne parle plus que de ça, et nous comprenons la peine des prêtres irréprochables, qui dans le contexte actuel n'osent plus esquisser envers un enfant ou un adolescent le moindre geste affectueux sans avoir à craindre d'être soupçonnés.

Mais le public a la mémoire courte. Qui se souvient des déclarations que fit l'anarchiste Narcisse Praz (éditeur il y a bien des années du journal satirique suisse romand La pilule) dans l'émission de la Télévision suisse romande Zig Zag Café, voici plusieurs mois ? (Nous rechercherons la date exacte, mais c'était en 2000 ou 2001.) Ayant été élève d'un internat catholique fameux loin à la ronde à la fois pour le niveau des études et pour les " amitiés particulières " qui s'y instauraient (encore plus qu'ailleurs semble-t-il) entre enseignants et élèves, il déclara que pratiquement tous les gosses passaient à la casserole, en particulier les premiers de classe. Il raconta selon quel scénario. Il avait senti, cruellement, son innocence bafouée. A notre connaissance, l'internat n'a opposé aucun démenti ; et l'Eglise catholique est restée dans un silence prudent, elle qui a réagi si vertement aux accusations de pédophilie lancées contre elle par la secte de l'inénarrable " Ange Raël " (accusations assurément exagérées : ce qui est excessif devient insignifiant). Nous reviendrons sur ce grave et triste sujet, mais en attendant, rappelez-vous l'adresse du Comité International pour la Dignité de l'Enfant (CIDE), av. de Florimont 24, 1006 Lausanne,
tél. 021 311 51 51, fax 021 311 51 52, www.cide.org, e-mail info@cide.org. Il est compétent pour agir et absolument digne de confiance.

Par ailleurs, en cette année 2002 qui va peut-être voir sortir de prison le " sadique de Romont ", lequel a sur la conscience plusieurs meurtres d'adolescents, nous trouvons injuste que l'indignation de celles et de ceux qui partagent - comme nous - la peine atroce des parents de ces jeunes victimes ne frappe pas AUSSI le prêtre qui abusa de Michel Peiry quand celui-ci était encore enfant. Qui désire plus de détails peut lire le chapitre sur les tueurs en série, dans le livre Un regard différent (disponible uniquement à l'adresse ci-dessous, 10 fr. suisses franco).

Et du côté des FEMMES et des ADOLESCENTES ? Petit rappel historique intéressant, dans le contexte actuel (les cardinaux américains, admonestés par le pape, déclarent qu’ils appliqueront désormais la tolérance zéro… non sans prendre la précaution de souligner que « la plupart des cas concernaient des adolescents et n’étaient donc pas de véritables cas de pédophilie») : Vers l’an 1500, le pape Pie IV « publia une ordonnance par laquelle toutes les femmes et les filles qui avaient été scandalisées et séduites par leurs confesseurs reçurent ordre de les dénoncer. Un certain nombre des principaux officiers de l’Inquisition furent choisis et autorisés par le pape pour recevoir les dépositions et punir les coupables. (…) A la fin, il parut évident au tribunal de l’Inquisition que le nombre des prêtres qui s’étaient servis de la confession auriculaire pour séduire leurs pénitentes était si grand qu’il était absolument impossible de les punir tous. L’enquête termina subitement ses travaux, et les coupables confesseurs furent laissés tranquilles et libres de continuer leurs œuvres de ténèbres ! Plusieurs autres papes ont fait de sincères efforts pour arrêter les abominations dont les confesseurs se rendent coupables : et toujours avec le même résultat. » (Extrait du livre « Le prêtre, la femme et le confessionnal » (nouvelle édition, 1925) du Père CHINIQUY, qui quitta l’Eglise de Rome et se convertit à la foi évangélique.)


Comme le rappelle excellemment le journaliste François GROSS dans « Le Temps » (12.4.98),
« le caractère sacré de ceux qui se font eunuques pour dire l’Evangile ne leur garantit aucune impunité judiciaire. Il leur confère, au contraire, une plus lourde responsabilité face à la communauté. (…) Les attoucheurs ne sont plus des intouchables. »

Quant à moi, ne voulant pas « jeter l’enfant avec l’eau du bain », je me raccroche au souvenir de prêtres admirables - car il y en a eu et il y en a : par exemple, puisqu’il est question ci-dessus du Rwanda, l’abbé Fraipont, qui consacra sa vie et ses forces aux handicapés du Home de la Vierge des Pauvres, à Gatagara (Rwanda), vivant jour après jour l’Evangile : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime».

Jusqu’à une époque relativement récente, les prêtres catholiques, à confesse, utilisaient un « Questionnaire à l’usage des confesseurs pour interroger les jeunes filles qui ne savent pas ou qui n’osent pas faire l’aveu de leurs péchés d’impureté ». La liste des “péchés que les jeunes filles commettent habituellement dans cette matière “ donne des détails d’une minutie perverse, dangereusement suggestive. Ce texte « religieux », si des extraits en étaient publiés ici, risquerait de valoir à ce site des ennuis pour cause de pornographie ! Mais vous pouvez, à la condition de certifier par écrit que vous êtes adulte et même adulte averti, en obtenir des extraits, en commandant le document « Père Chiniquy + Maltraitance et pédophilie (confér. Georges Glatz) + Liens entre sectes, satanisme, extrême droite, crimes de pédophiles et crime organisé + Désarroi actuel et quête du sens » (pour abréger : « Doc. SECTES+CHINIQUY, etc. ») (joindre 10 CHF, 10 euros ou 10 dollars).

L’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Genoud, pour qui j'ai beaucoup d'estime, a eu le courage de faire face aux médias, malgré le chagrin et la honte qui le rongent face à toutes ces horreurs commises par des prêtres pédophiles. L'évêque du Valais, lui, « se terre dans un silence ahurissant », écrit Camille Krafft dans « Le Matin Dimanche », 3.2.08. Or en terre valaisanne, dans un internat fameux, pratiquement tous les gosses (mais surtout les premiers de classe) passaient à la casserole, affirma à la Télévision Suisse Romande, au micro de « ZigZag Café », le 31 janvier 2000, l'écrivain Narcisse PRAZ, ancien interne. Il décrivit le scénario habituel : la bibliothèque, puis la chambre de l'enseignant... Aucun démenti, à ma connaissance, ne fut jamais apporté par les autorités de l'Eglise catholique. Certes, Narcisse Praz était en 2000 septuagénaire, et donc les abus sexuels décrits assez anciens. Mais il y a peu d'années, j'ai reçu une confidence d'une mère qui avait visité ce même internat : ayant ouvert une porte, elle vit, horrifiée, ce qu'elle n'aurait pas dû voir. Catholique pratiquante, elle n'osa dénoncer la chose – évidemment elle inscrivit son fils ailleurs... et tant pis pour les enfants des autres!

Extrait de « La messe câline » de Gérard FALCIONI (Editions Faim de siècle, CP 500, 1701 Fribourg) : « L’enfant de la cinquantaine approchant n’avait alors que dix ans. Il se souvient de cette grande main sur son petit machin, et la sienne toute petite, guidée dans la poche sans fond, qui allait s’agripper à cet immense goupillon. Il comprend maintenant le sens de ce râle crevant la nuit, car le prêtre éteignait toujours la lumière. Et quand il la rallumait, il y avait la Vierge Marie, le crucifix, les saints et les anges, les velours verts et rouges, le calice, les burettes, la bouteille de vin, les tapis, les nappes, les autels ; tout était feutré, c’était le paradis de l’enfer. »

Gérard FALCIONI, né à Bramois en Valais en 1954, victime d’abus sexuels répétés de la part du curé dès l’âge de cinq ans, et qui à cause de cela faillit se suicider à 7-8 ans, a écrit deux autres livres : « L’établi de la vie », préfacé par le professeur de psychologie Philip D. Jaffé (2002) et « Le clergé romand face à la pédophilie » (2008), préfacé par Me Charles Poncet, qui estime que cet ouvrage « apporte un cri d’indignation bienvenu ». Ces deux livres ont été publiés par les Editions Mon Village (Vulliens, puis Sainte-Croix, Vaud, Suisse). Gérard Falcioni a un petit site que je conseille de visiter : www.regardair.ch. On y trouve d’ailleurs tous renseignements utiles sur ses trois livres (prix, où les commander, etc.). Il y résume ainsi le 1er chapitre de « L’établi de la vie » : « Le curé qui nous initie à la vie du Christ, par le biais de diapositives, et sa main et son zizi qui ne lâcheront plus mon cul – On bande à 5 ans – Désir de mort qui faillit aboutir, à l’âge de 7-8 ans – Je n’aimais pas tous ces regards penchés sur mon zizi. » Extrait du chapitre 2 : « Je me souviens des confessions. Il y eut celles où je confessais avoir commis le péché mortel d’impureté. Je ne disais pas au prêtre avec qui puisque c’était avec lui. D’ailleurs il ne me demandait jamais avec qui. Il commença à me demander avec qui après m’avoir lâché seulement. » Et à propos de son 3e livre, « Le clergé romand face à la pédophilie », il lance cet avertissement : « L’Eglise ne sera plus jamais propre tant qu’elle n’accepte pas dans toute sa dimension une vérité sale qui entache son histoire. »

Le site www.innocenceprofanee.org mérite lui aussi d’être visité, ainsi que www.ange-bleu.com, site de l’association fondée en France en 1998 par Latifa BENNARI, auteur des livres « La fin d’un silence – Pédophilie : une approche différente » (AD2, 2002) et « L’Ange bleu »  (Rocher, 2005) : Latifa Bennari estime nécessaire de prendre en charge non seulement les victimes des pédophiles, mais aussi les pédophiles ou ceux qui sont habités par des pulsions pédophiles. La pédophilie apparaît généralement très tôt et précède souvent de plusieurs années un premier passage à l’acte : dès lors, qu’est-il possible de faire pour tenter d’empêcher le premier passage à l’acte chez les pédophiles ? s’interroge Latifa Bennari. Une antenne suisse de L’Ange bleu existe en Suisse, et le psychiatre sexologue Dominique Chatton collabore avec elle, ainsi que le professeur de psychologie Philip D. Jaffé.

J’ai dit plus haut que j’avais beaucoup d’estime pour Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et je suis persuadé que les affaires de pédophilie ecclésiastique, qui émeuvent à juste titre l’opinion publique, ont pu contribuer à le rendre malade (après un cancer de la vessie puis un polype des cordes vocales, on vient de diagnostiquer un cancer au poumon droit, tout est précisé sur un site catholique, aussi puis-je en parler librement). Il a dû souffrir aussi d’être, à Fribourg, entouré de nombreux prêtres hutu sinon génocidaires, du moins proches du Hutu Power qui a perpétré le génocide des Tutsi du Rwanda au printemps 1994 – j’ai même été pris à partie par certains d’entre eux, furieux de voir des jeunes filles tutsi danser lors d’une réception qui suivit, en mai 1999, son intronisation à la cathédrale de Fribourg.
Mais je ne puis passer sous silence ce qu’écrit Gérard Falcioni comme introduction à « L’établi de la vie » : « A la suite d’une émission de la Télévision Suisse Romande, Droit de Cité, sur les prêtres et la pédophilie, je me suis mis à écrire une lettre de quatre pages que j’allais envoyer à deux des protagonistes de l’émission, un professeur de psychologie à l’Université de Genève et l’évêque du diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg. Seul le psychologue me répondit, d’une façon que je ne pus m’arrêter de lui écrire, avec son autorisation et ses encouragements. Donc le présent ouvrage est constitué de quinze chapitres qui correspondent aux lettres envoyées. Le dernier chapitre, le seizième, m’a été demandé par mon éditeur lorsqu’il eut vent de mes expériences en Amérique de l’Ouest. »

Ayant eu l'autorisation de m'entretenir avec le « sadique de Romont », lors de la préparation d'un chapitre sur les tueurs en série pour mon livre UN REGARD DIFFÉRENT, j'appris (sans étonnement) que l'entrevue qu'il eut avec le prêtre qui avait abusé de lui quand il avait 10-11 ans fut « un monument d'hypocrisie ». Ce tueur en série ne recouvrera peut-être jamais la liberté, mais le prêtre qui a contribué à le détourner d'une sexualité « normale », lui, n'a jamais été inquiété, que je sache, ni par la justice des hommes, ni par la justice (si l'on ose dire) de la « sainte » Eglise romaine. CB

Un homme venu me consulter évoqua son enfance et son adolescence, où il avait passé d'internat catholique en internat catholique – en terre française, lui. Ce qui me frappa, c'est que tout naturellement, et comme en passant, il me confia avoir été « évidemment » sodomisé dans tel internat, puis dans tel autre... C'est l'adverbe « évidemment » qui me frappa, pas vous?
Aux chrétiens profondément troublés par ces tragédies (car pour les victimes ce sont des tragédies), puis-je rappeler qu'il ne faut pas confondre Eglise (quelle qu'elle soit) et Evangile? CB

Ci-dessous, deux extraits du chapitre « L’honneur perdu de l’Eglise ? » de mon livre SOLIDAIRES !

« Jusqu’en 2002, un rapport secret du cardinal Ottaviani, probablement approuvé par Jean XXIII, qualifie certes la pédophilie (et la zoophilie !) des prêtres de « pire des crimes », mais impose le secret : le coupable et la victime doivent « promettre solennellement d’observer sans faute le secret sous peine d’excommunication », et les évêques devront mener leur enquête « avec le plus grand secret » et « dans un silence perpétuel ». (J’ai reçu aussi des confidences sur les abus sexuels, souvent d’ordre sadique, commis par des religieuses envers des mineures.) »

« En juin dernier, lors d’une réunion nationale des évêques états-uniens à Saint Louis, Frank Keating, fervent catholique et ancien gouverneur de l’Oklahoma, chargé par son Eglise de purger les diocèses des prêtres pédophiles, s’est heurté à tant de méfiance et d’hostilité, en particulier auprès de Mgr Roger Mahony, de Los Angeles, et de Mgr Edward Egan, de New York, deux cardinaux influents, qu’il s’est écrié que les autorités ecclésiastiques, avec leur manie du secret, c’était Cosa Nostra, une mafia. Sa lettre de démission est claire : ‘‘Je ne présente pas d’excuses. Résister aux injonctions d’un grand jury, dissimuler les noms de clercs coupables, nier, obscurcir, trouver des explications : c’est le modèle d’une organisation criminelle, pas de mon Eglise.’’ »

« Crimen Sollicitationis », ou l’étouffement des affaires : Un document secret du Vatican, rédigé en 1962 et mis à jour en 2001, « Crimen Sollicitationis », impose le secret et à l’enfant victime d’abus sexuel(s) de la part d’un prêtre, et au prêtre auprès de qui sont dénoncés les faits, et à tout témoin éventuel : briser ce serment ou plutôt cette loi du slence entraîne l’excommunication ! Initialement, cette procédure visait à protéger la réputation du prêtre accusé jusqu’à ce que l’Eglise ait mené son enquête, mais en pratique elle permet d’étouffer l’affaire, dénonça la BBC en 2006, dans un documentaire de l’émission hebdomadaire d’investigation « Panorama ». Or, l’homme chargé de faire appliquer cette politique pendant 20 ans était le cardinal Ratzinger, président de la Congrégation de la doctrine de la foi de 1981 à 2005, jusqu’à son élection comme pape sous le nom de Benoît XVI.

Scandale en Irlande Le 26 novembre 2009 est publié un rapport de 2'500 pages, élaboré par une commission d’enquête créée par le gouvernement de Dublin. Ce rapport dénonce des abus sexuels perpétrés durant des décennies par des dizaines de prêtres et de moines du diocèse de Dublin sur des centaines d’enfants, surtout des garçons, notamment dans des orphelinats et des écoles techniques. « Un climat de peur, créé par des sanctions omniprésentes, s’est propagé à la majeure partie des institutions, en tout cas à toutes les institutions de garçons », qui étaient devenues « des lieux de peur, d’abandon et de violences sexuelles », où « les enfants vivaient dans un climat de terreur quotidien, en se demandant d’où viendraient les prochains coups ». Le rapport déplore le souci « obsessionnel » du secret de la part de l’Eglise, soucieuse « d’éviter le scandale » et de « protéger sa réputation et ses biens ». Il met nommément en cause une dizaine d’évêques qui ont couvert les agissements de ces prêtres pédophiles. De 1936 à nos jours, « les autorités religieuses savaient que les abus sexuels étaient un problème persistant dans les institutions religieuses masculines ». Alors que « des prêtres et moines ont battu et violé des enfants pendant plusieurs décennies », le rapport accuse l’Eglise catholique de « ne pas avoir écouté les personnes qui se plaignaient d’abus sexuels survenus par le passé ou de ne pas les avoir crues en dépit de preuves recueillies dans des enquêtes policières, de condamnations ou de témoignages » – je pense quant à moi que prêtres, moines et prélats étaient bien placés pour savoir que ces plaintes étaient justifiées et qu’ils ont préféré étouffer le scandale, mais évidemment un rapport officiel ne peut dire cela expressément. C’est « l’une des pires facettes de l’Eglise catholique », écrit dans « Le Monde » du 11 décembre 2009 la journaliste Stéphanie Le Bars. « Le pape partage l’indignation, le sentiment de traîtrise et la honte ressentis par de nombreux fidèles en Irlande », déclare le Vatican le 11 décembre 2009. La revue catholique de gauche « Golias » (www.golias.fr) dénonce l’hypocrisie du Vatican : car Benoît XVI et son secrétaire d’Etat le cardinal Bertone avaient bloqué la commission qui enquêtait sur ces abus où la cruauté physique et mentale le disputait à un érotisme pervers.


Casa Pia Des ecclésiastiques sont certes directement impliqués dans une affaire de pédophilie qui a fait trembler l’Etat au Portugal. Mais avec cette affaire-là on dépasse le cadre de la pédophilie ecclésiastique, car il s’agit d’un « réseau » s’adonnant à la pédophilie dans les hautes sphères de la société, comme dans les affaires du « Coral » en France ou de « Spartacus » en Grande-Bretagne. « La liste des figures de la politique et du spectacle accusées d’abus sur les enfants de l‘institution Casa Pia s’allonge », révèle « Libération » le 11 juin 2003. Pour en savoir plus sur les réseaux de pédophiles, il faut chercher astucieusement (par Google notamment, au moyen de mots clés adéquats), car de hautes, très hautes personnalités politiques sont elles aussi impliquées dans les affaires de pédophilie, de trafic d’enfants et de trafic d’organes, ainsi que des magistrats influents placés à des postes clés, et les affaires sont là aussi étouffées : le Vatican est loin d’être le seul à appliquer la loi du silence dans ces crimes ignobles. Mais voici déjà des pistes : rapport de la Rajani Foundation, ou www.aredam.net, ou www.scribd.com, ou encore le livre de Mehdi Ba, « L’illusionniste, un héros de l’humanitaire sur le banc des accusés » (Les Arènes, Paris, 2003) (il s’agit du prêtre François Lefort des Ylouzes, prix des Droits de l’Homme et décoré de la Légion d’Honneur).

Voici par ailleurs le nom de l'association très active qui, aux Etats-Unis, défend les victimes d'abus sexuels commis par des prêtres: SNAP (The Survivors Network of those Abused by Priests), www.snapnetwork.org. On peut s’abonner gratuitement à ses « News » et ainsi être tenu au courant de ses combats contre la pédophilie ecclésiastique et contre la loi qui silence qui a si longtemps prévalu.

Et en cliquant sur contact, on peut également recevoir gratuitement des infos – en précisant ses centres d’intérêt, car évidemment les abus sexuels sont loin d’être la seule préoccupation du Groupe pour une Information Libre (GIL), comme le prouve l’ensemble de ce site Web : voir POUR UNE INFORMATION LIBRE.

fleche Le livre-témoignage du Belge Joël DEVILLET : « Violé par un prêtre »
(Ed. de l’Arbre, Bruxelles & Paris, 2009, www.leseditionsdelarbre.be)
(Site de l’auteurwww.joeldevillet.com)

Enfant de chœur timide et secret, qui aspirait à devenir prêtre, Joël Devillet a eu le malheur d’être victime d’abus sexuels perpétrés par l’abbé de son village. Il s’est adressé aux autorités de l’Eglise catholique dans l’espoir d’obtenir réparation, mais elle l’a bercé de promesses non tenues et tiré l’affaire en longueur pour bénéficier de la prescription. Il a porté l’affaire devant la justice des hommes, pour faire éclater au grand jour le scandale de cette Eglise qui protège les abuseurs et néglige les victimes.

J’ai été sensible au fait que cet homme, devenu aide-soignant, ne s’est pas laissé envahir par la haine. Je le laisse s’adresser directement à vous par ces quelques extraits :

(Une vie détruite à jamais :)« Une vie détruite à jamais. Ce que vous allez lire est mon histoire, celle d’un enfant qui cherchait l’affection, ne l’ayant jamais beaucoup trouvée auprès des siens. C’est l’histoire vraie de la descente aux enfers par la perversité inhumaine d’un prêtre violeur, puis le trajet d’un combat pour qu’éclate la vérité, seul contre tous. (…) Je voulais être prêtre, je croyais en Dieu et dans ses représentants sur Terre. Aujourd’hui je ne crois plus ni en Dieu, ni dans les hommes. » (Pages 7-8.)

(Procès pénal et civil contre le prêtre : 2001 à … :) « Combien d’enfants n’avais-je pas vus sur les genoux du prêtre ? (…) Il est bon de souligner que ce procès contre le prêtre dérangeait la hiérarchie de l’évêché au plus haut point. Tous les moyens furent utilisés par son Conseil pour le mettre à néant. Trois requêtes furent déposées de leur part au Parquet. » (Pages 82-83.)

(Hypocrisie de l’Eglise catholique et tentative d’étouffer l’affaire :) « A travers mon histoire, j’ai pu me rendre compte de toute l’hypocrisie de l’Eglise, du moins de l’Eglise de mon diocèse. (…) J’ai eu droit à une vraie scène digne d’un cirque de renom. Le vicaire judiciaire m’emmena dans une pièce, seul avec lui. Je m’assis dans un fauteuil et lui de s’agenouiller à mes côtés, me faisant un sermon, disant que ce que le prêtre m’avait fait touchait toute l’Eglise, que l’Eglise souffrait avec moi et de me demander pardon au nom de cette Eglise. Il me dit aussi qu’il n’étais pas utile de porter plainte devant la justice des Hommes car l’affaire serait réglée entre nous et qu’il m’aiderait. C’est ce même prêtre qui, trois ans plus tard, me chassa de la cathédrale où j’étais sacristain bénévole assez régulièrement : il pensait avoir temporisé assez mon affaire pour que la prescription soit arrivée. » (Pages 100-101.)

(Un psychologue complice :) « On m’avait envoyé chez un psychologue complice de leur magouille, dans le but d’étouffer l’affaire. » (Page 102.)

(Séquelles :) « Il est évident que ma vie après de tels méfaits est remplie de séquelles ! Le prêtre ne m’a pas appris la sexualité mais l’homosexualité ! J’avais besoin d’affection et il bascula immédiatement dans la sexualité. Pendant longtemps, après ce que j’ai eu à subir, j’ai pensé que l’issue fatale de l’amitié ou de l’affection devait être la sexualité. C’est bien pour cela que j’évite d’avoir des amis. (…) Une victime d’un pédophile culpabilise toujours. » (Pages 127-129.)

(L’Eglise cherche à étouffer les affaires de pédophilie :) « Leur attitude mensongère et hypocrite à mon égard a été à l’origine de ma révolte et de mon combat. J’ai appris que la théorie de l’Eglise consiste à garder les affaires de pédophilie secrètes. Pour elle, la meilleure façon de garder un secret est de ne le dire à personne. Mon combat est de tout faire pour que la vérité soit connue. Avant chaque audience du tribunal, j’eus l’intelligence de prévenir les journalistes qui firent de bons et grands articles dans la presse écrite. » (P. 129.)

(Un engrenage :) « Les pédophiles n’agissent pas directement sexuellement, c’est petit à petit qu’ils arrivent à s’accaparer leurs victimes. C’est aussi comme cela que le mien a agi. Il m’a pris dans un engrenage, et après impossible de voir la fin. » (P. 182.) « Quand le vicaire m’invitait sur ses genoux, j’étais tout heureux d’avoir de l’affection physique, le contact et la chaleur humaine. (…) J’allais me blottir contre lui comme un petit enfant. (…) Je n’aimais pas ses caresses qui me procuraient à la fois des frissons et des chatouillements, mais à chaque fois que je retirais sa main il répétait avec une insistance accrue : – Laisse-toi faire ! (…) Imperceptiblement, il passa à des caresses plus directes, touchant ma peau par-dessous mes vêtements. Il insista à de maintes reprises devant mes réticences, lâchant toujours cette phrase courte, d’une voix assurée et pleine de toute l’autorité dont il jouissait à mes yeux : – Laisse-toi faire, enfin ! Il en vint à prendre ma main, m’obligeant de lui toucher le torse. Ses mains descendirent plus bas et à nouveau je l’écartais. Puis, toujours sous la force de cette phrase répétée éternellement, il repartait à l’assaut. Sa bouche se posa sur mes joues, mes oreilles. J’étais dans un état de confusion réel. Je frissonnais de tout mon corps et je me sentais mal. (…) A qui le dire ? (…) Dans mon esprit d’enfant petit et timide, malgré mes quatorze ans, une seule idée s’imposa. Il m’aimait ! Le vicaire m’apprenait simplement la sexualité et l’amour. » (Pages 33-37.)

(« Je n’étais que son objet sexuel » :) « J’avais le sentiment d’être aimé. Mais, très vite, je compris que je n’étais que son objet sexuel. En effet, il ne se contenta bientôt plus de caresses sur le haut du corps. Il me mettait ma main sur son pantalon afin que je lui caresse le sexe. Je ne le voulais pas mais il insistait. Il me guidait la main et me forçait à faire des mouvements sur son sexe. Dès qu’il avait joui, il s’essuyait avec son mouchoir et se rhabillait pour me reconduire à la maison. Quand j’allais chez lui en journée, il prenait toujours des enfants sur ses genoux. (…) J’étais jaloux de voir qu’il donnait de l’amour à d’autres enfants. (…) Si bien que le soir venu, je répondais à ses rendez-vous afin de bénéficier, seul, de toute son affection. » (Pages 37-38.)

(Fellations exigées :) « Il n’était pas rare qu’il me prenne la tête afin de m’obliger à mettre son sexe dans la bouche : je ne le voulais pas mais il insistait au point de briser toute velléité de résistance. Je trouvais cela dégoûtant et honteux, mais je ne pouvais lui résister. Et à chaque fois, dès qu’il avait obtenu son plaisir, il me disait de partir ou me reconduisait à la maison, me plongeant dans un gouffre de frustration et de honte. (…) Jamais je n’ai eu de plaisir avec lui. » (Page 38.)

fleche Un aspect important de la pédophilie ecclésiastique, comme le cas de Joël Devillet le montre bien, ou l’affaire du chœur d’enfants dans laquelle est empêtré le frère du pape Benoît XVI, c’est qu’elle est le plus souvent homosexuelle : les abus sexuels sont en nette majorité hétérosexuels dans la population en général, mais dans l’Eglise catholique ils touchent en nette majorité des garçons, comme l’a fait remarquer le professeur Philip Jaffé, spécialiste en psychothérapie et psychologie légale (www.jaffe.ch, www.iukb.ch, www.psylex.ch) , lors du débat d’« Infrarouge » sur les prêtres pédophiles, à la Télévision Suisse Romande, le 23 mars 2010.

fleche Proche du pape Jean-Paul II : la « Légion du Christ »

Parmi les innombrables affaires de pédophilie dans l'Eglise catholique, il faut signaler la congrégation ultraconservatrice « Légion du Christ » (proche du pape Jean-Paul II), mise sous enquête par le Vatican après la condamnation pour « mœurs déviantes » de son fondateur, Marcial Maciel Degollado, un Mexicain. C'est dès les années 50 que cet individu et sa Légion s’étaient fait remarquer : abus sexuels sur des séminaristes de 12 à 17 ans, séquestration de mineurs, trafic de drogue. Fidèle à elle-même, l'Eglise catholique avait étouffé le scandale. En 2006 (après un demi-siècle, donc), le Saint-Siège invita Degollado à quitter ses fonctions et à « vivre une vie de pénitence », moyennant quoi un procès fut évité... Sa mort en 2008 a dû arranger tout ce beau monde.

Finalement, en 2009, la Légion du Christ a reconnu que Degollado avait eu une relation stable avec une femme, union dont est née une fille. Et en 2010, elle a reconnu la véracité des accusations de pédophilie qui pesaient sur lui.


fleche Une politique explicite visant à enlever tout droit à la parole aux victimes
Interrogé par la BBC, le père Tom Doyle, un expert du droit canon renvoyé du Vatican parce qu'il avait critiqué sa manière de gérer ces cas d'abus sexuels, estime qu'il s'agit d’une politique explicite visant à enlever tout droit à la parole aux victimes.

fleche Petit rappel : pour les affaires de pédophilie ecclésiastique, le SNAP (Snap Network of those Abused by Priests), aux Etats-Unis, est incontournable (www.snapnetwork.org). Il agit avec ce dynamisme et cette efficacité qui caractérisent les Américains quand une cause leur tient à cœur. Il s’est récemment solidarisé avec les victimes d’autres régions du monde. Aux Etats-Unis précisément, à cause d’abus sexuels commis par un prêtre en Floride, une avocate voudrait faire comparaître Benoît XVI, qui gérait avec hypocrisie ces dossiers quand il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Or, quand le cardinal Ratzinger est devenu pape, le Vatican a demandé avec insistance, et de façon inhabituelle, si l’immunité diplomatique de chef d’Etat lui serait bien garantie. Un esprit mal intentionné pourrait insinuer qu’il fallait absolument éviter qu’il doive affronter la Justice américaine, avec laquelle on ne plaisante pas, et qui inflige volontiers des sanctions financières terribles. Ou pire : aurait-on nommé pape, pour lui assurer l’immunité diplomatique, l’un de ceux qui sont le plus gravement coupables sinon d’actes criminels, du moins de les avoir dissimulés ? Mais je ne suis pas un esprit mal intentionné. Je cherche seulement à faire éclater la vérité.

Le VATICAN : une gérontocratie d’un autre âge ? « C’est la dernière monarchie absolue », disait le 23 mars 2010 Mgr Gaillot à la Télévision suisse romande dans un débat (« Infrarouge ») sur les prêtres pédophiles. Et il ajouta : « Ce n’est pas cette Eglise-là que voulait le Christ ! » Quand le Vatican apprendra-t-il à lire correctement et surtout à mettre en pratique l’Evangile ?

Gérontocratie exclusivement masculine et homosexuelle ? Pie XII par exemple était surnommé « Giovanna ». On en apprend beaucoup dans « Les clés de saint Pierre » (Flammarion, 1955) de Roger Peyrefitte, lui-même amateur de garçons (« J’aime les agneaux, pas les moutons », écrit-il dans ses « Propos secrets », tome I, Albin Michel, 1977).

Cependant les ecclésiastiques du Vatican ne sont pas tous homosexuels, et l’on en a des preuves si l’on ne ferme pas les yeux sur les abus sexuels commis sur des religieuses, en particulier africaines :

--- Voici ce qu’écrit Henri Tincq dans « Le Monde » du 22 mars 2001 : « Accusé de ‘‘conspiration du silence’’, le Vatican a reconnu, mardi 20 mars, la réalité d'abus sexuels et de viols commis par des prêtres, y compris sur des religieuses, et couverts par la hiérarchie catholique. Son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, a cherché à limiter l'ampleur du scandale, en affirmant qu'il était ‘‘restreint à une aire géographique limitée’’. Pourtant, le rapport rédigé par Maura O'Donohue, médecin et religieuse américaine, à l'initiative de la congrégation vaticane pour les ordres religieux, cite pas moins de vingt-trois pays concernés. Si l'Afrique est le plus souvent citée, de tels cas d'abus sexuels sont signalés dans les cinq continents, et notamment au Brésil, en Colombie, aux Philippines, aux Etats-Unis et même en Irlande et en Italie. Le rapport de Soeur Maura O'Donohue soulève le coeur. Il a été remis au Vatican en 1995, mais vient d'être révélé par un journal américain, le National Catholic Reporter, et par La Repubblica du 20 mars. » (Ce rapport serait resté bien caché, sinon !)

--- Auteur, avec son confrère Audifac Ignace, du livre « Et si Dieu n’aimait pas les Noirs ? Enquête sur le racisme au Vatican » (Edit. Pascal Galodé, 2009), le journaliste Serge Bilé explique à « VSD » : « En Afrique, nombre de femmes rentrent dans les ordres sans véritable vocation, pour échapper à la misère. En Italie, les congrégations subissent une crise des vocations : elles ont donc besoin de ces religieuses africaines, comme main d’œuvre dans leurs maisons de retraites. Ces nonnes travaillent de 6h à 20h, sans un centime, et se sentent souvent discriminées par rapport aux nonnes italiennes. Leurs papiers sont parfois confisqués par la mère supérieure. Certaines finissent donc par céder aux avances d’ecclésiastiques : une nonne témoigne avoir des relations tarifées avec deux évêques, un Français et un Sud-Américain... Une demi-douzaine de nonnes séropositives ont été renvoyées en Afrique sans le moindre soutien financier ou moral – nous avons retrouvé au Congo le père de l’une d’elles. Une sœur congolaise tient même une véritable filière de prostitution. En 2001, un rapport dénonçait déjà les abus sexuels dont sont victimes des nonnes de la part de prêtres dans 23 pays. »

--- Pour en savoir plus, je vous suggère les sites www.antisectes.net et www.vsd.fr (sur ce dernier site, en plus de l’interview de Serge Bilé, vous pourrez voir un petit film où sont donnés des témoignages poignants).

A noter que les nonnes elles-mêmes ne sont pas toujours vertueuses : ainsi, en mars 2010, des responsables de l’Eglise catholique de Salzbourg, en Autriche, ont annoncé qu’un homme accuse une nonne de lui avoir fait subir des abus sexuels quand il était enfant, abus perpétrès également par un prêtre et plusieurs moines…


fleche Les chiens du Grand Saint-Bernard ont tué Marianne Brémond

Honorons la mémoire de cette enfant, déchiquetée à 10 ans par ces doux molosses, le dimanche 16 mai 1937. Elle qui se réjouissait tant d'aller les voir avec sa famille ! Impatiente, elle marchait plus vite que ses parents et ses sœurs, voulant être la première. Quand ils arrivèrent près du chenil, c'était la curée autour du corps de la malheureuse. Elle mourut sur place dans les bras de son père, qui était à l'époque notre médecin de famille à Chesières (dans les Préalpes vaudoises), et dont l'épouse appartenait à la famille Favre, bien connue de la bonne société genevoise. Menteurs comme l’est leur Eglise dans les affaires de pédophilie, les chanoines prétendirent que Marianne avait glissé sur du verglas et que sa chute était la cause de sa mort. Le cercueil fut redescendu dans la plaine sur une luge. Pour étouffer l’affaire, de l’argent fut proposé à la famille, qui refusa. Après une enquête approfondie sur cette tragédie et sur d'autres, indigné et désireux de faire éclater la vérité cachée, le journaliste P. Achard publia « Hommes et chiens du Grand Saint-Bernard » (La Croix du Sud, 1937).


fleche Une image défigurée de la Bonne Nouvelle

Ecrivain catholique, et qui (pourquoi ?!) entendait ne pas quitter son Eglise, Henri GUILLEMIN avait lancé en 1982 cet avertissement dans son livre « L’affaire Jésus » (Le Seuil) : « Pour que l’Eglise romaine puisse aujourd’hui, peut-être, retrouver quelque audience, il faudrait, de sa part, et avant toutes choses, un mea culpa explicite ; qu’elle ait le courage d’avouer son histoire, si souvent abominable, ses fautes, ses crimes, et de le faire hautement, publiquement, loyalement. Pour être prise au sérieux, c’est la première condition qu’elle doit remplir. Paul VI, au début de son pontificat, avait bien murmuré quelques mots, en ce sens, mais la Curie, horrifiée, sut le convaincre de n’y pas revenir. Et cependant combien, ah ! combien l’Eglise – j’entends la hiérarchie, les ‘‘autorités’’, les responsables – ont à demander pardon, tant ils ont offert aux hommes une image défigurée de la Bonne Nouvelle ! »


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