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DIGNITÉ
DE LA FEMME et prostitution
« Femmes – toxicodépendance – prostitution : Des femmes toxicodépendantes parlent de leur vécu » :
Tel est le titre du travail de diplôme en travail social présenté par Simone Baroni-Hartmann en janvier 2008 à la Haute Ecole de Travail social de Genève, après des mois de collaboration avec le bus ‘Fleur de Pavé’ à Lausanne. ¬J’en extrais ce passage de la conclusion, pour inviter chacune et surtout chacun à la réflexion :
« D’un point de vue éthique, j’espère avoir su respecter pleinement les femmes qui m’ont confié leurs expériences et leur savoir ; je souhaite surtout qu’en interprétant leurs confidences, qui m’ont été si précieuses, je ne les ai ni mal comprises, ni ‘trahies’. J’espère aussi que les hommes, en particulier les homme-clients des femmes prostituées, ne se sentiront pas jugés dans leur propre personne par ce travail, mais qu’ils seront appelés à réfléchir sur leurs attitudes et comportements envers les femmes et les femmes prostituées. Aussi aimerais-je prier les lecteurs et lectrices de réfléchir aux problèmes de la prostitution et de la violence qui va de pair, ainsi qu’au manque de respect auquel les personnes prostituées et les personnes toxicodépendantes sont confrontées – c’est ce que nous rappelle également Chantal, à la fin de l’entretien, alors que je la remerciais pour sa participation : ‘Je fais volontiers des interviews comme ça. Si t’es tox et prostituée, franchement, je t’ai dit, t’es plus personne aux yeux des autres. Je veux dire, qui écoute quelqu’un comme moi ? On ne s’intéresse pas à ce que nous on a à dire. Mais je trouve important que les gens sachent aussi ce que nous vivons ; et que nous sommes aussi des êtres humains, qu’on a des sentiments, comme tout le monde.’ »
Je signale ici la lutte courageuse qu’au sein de son association Mayina (= « Je veux que »), créée en France, Amely-James Koh Bela mène contre la prostitution des femmes et enfants africains en France et plus généralement en Europe. Travailleuse sociale camerounaise sensible aux horreurs indicibles imposées par des pervers à ces victimes de l’exploitation sexuelle, elle a publié deux livres : « La prostitution africaine en Occident » (2005) et « Mon combat contre la prostitution » (2007). Les buts de l’association Mayina : lutter contre le trafic des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle ; faire évoluer les stéréotypes et clichés attachés à l’Afrique, aux Africains et à leurs diasporas ; conduire à la responsabilisation et à l’autonomie personnelle, financière et professionnelle ; créer des modèles de réussite africains.
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