RÉDUIRE LENTEMENT NOTRE NIVEAU DE VIE ?
Appelant « pacte social » l’entente implicite, en démocratie, selon laquelle « nous élisons nos gouvernements non pour le plaisir, mais pour qu’ils nous protègent et se débrouillent en particulier pour garantir globalement que notre niveau de vie, à défaut de progresser, au moins ne recule jamais », Claude Monnier, chroniqueur du quotidien suisse romand « 24 heures », écrit le 16 mars 2010 que « si le gouvernement nous annonce tout de go qu’il ne nous protégera plus ou nous protégera moins bien, rabotant ici et limant là, nous ressentons son action comme une trahison majeure, que nous n’hésitons pas à stigmatiser à 70 ou 90 pour cent ». Or à l’impossible nul n’est tenu : « Depuis le début de la crise, poursuit Claude Monnier, il apparaît de plus en plus clairement que les pactes sociaux existants ne tiendront pas longtemps à leur niveau actuel, ce qui veut dire que nous devrons tous nous résoudre à réduire lentement notre niveau de vie. »
Allons-nous accepter ou nous révolter ? La réponse de Claude Monnier comporte un avertissement sérieux au sujet de la justice sociale : « Je suis, pour ma part, convaincu que nous accepterons de faire ces sacrifices pour autant – mais c’est là une condition impérative – qu’ils soient équitablement répartis (pas de bonus à six ou sept chiffres pour les banquiers, hein ?), qu’ils soient largement concertés, et qu’ils fassent l’objet d’un programme global bien ficelé. » Il me semble qu’il voit juste. CB
LA JUSTICE SOCIALE, nécessaire à la paix sociale
Dans les années 70 et 80, j’ai enregistré à Lausanne de nombreuses émissions de radio au micro d’une pionnière du féminisme, Marie-Claude Leburgue. Faisant un parallèle entre l’ORTF et la Radio Suisse Romande, hors micro, elle insista sur la disproportion des salaires en France : à l’époque, le salaire du directeur général était égal à cinq fois celui d’une femme de ménage, à la Radio romande, mais à Paris égal à cinquante fois celui d’une femme de ménage – mieux que de longs discours idéologiques, cela explique le climat social plus paisible en Suisse que chez nos voisins. Pour Alexandre Vinet, penseur, critique littéraire et théologien protestant suisse (1797-1847), le meilleur moyen d’éviter les révolutions, c’est de les faire ! Sage avertissement. Pour garantir la paix sociale, il nous faut plus de justice sociale. Même « Patrons », organe du Centre patronal, s'inquiète dans son numéro de février 2010: « C'est l'incapacité de quelques-uns à faire montre de mesure qui fournit les meilleures armes à ceux qui plaident en faveur des multiples projets de lois restreignant de manière inacceptable la marge de manœuvre des chefs d'entreprise. » CB
JEAN FERRAT, décédé en mars 2010 à 79 ans, était un rebelle épris de justice sociale – à tel point qu’il avait baptisé son âne « Justice sociale ». C’était, avec un autre chanteur, Renaud, mais aussi avec Mgr Gaillot et le généticien Albert Jacquard, entre autres personnalités, l’un des signataires de l’« Appel Rwanda pour que la France comparaisse devant le Tribunal international institué par l’ONU » vu qu’elle a été « gravement impliquée dans la tragédie rwandaise » – appel lancé en août 1994 et passé sous silence par les médias.
CONSEILS POUR LES DEMANDEURS D’EMPLOI, par Christophe Baroni
Tous droits réservés © mai 1996 et mars 2010 by Christophe Baroni, Chemin d’Eysins 42, 1260 Nyon, Suisse
A) Le curriculum vitæ
--- Il sera clair, aéré, composé de parties bien distinctes (séparées par des blancs), sans ratures ni rajouts. Une mauvaise présentation du curriculum vitæ risque de faire écarter d’emblée votre candidature, quelles que soient vos qualités par ailleurs. Allez à l’essentiel (éliminez les détails inutiles), et faites tenir le tout, si possible, dans une seule page. Mais s’il en faut une deuxième, n’écrivez jamais au verso. Choisissez des caractères bien lisibles (l’Arial p.ex., comme ici).
--- Utilisez un ordinateur, et au besoin faites taper le texte par une personne compétente.
--- Adressez-vous à l’un de ces organismes officiels qui existent un peu partout et où vous bénéficierez (sans rien débourser) de conseils judicieux et d’une infrastructure bienvenue (photocopieurs, etc.).
--- Evitez les fautes d’orthographe, quitte à demander à une personne irréprochable en la matière de bien vouloir corriger le texte attentivement (il est dangereux de trop se fier à la fonction de correction automatique des ordinateurs, et une orthographe parfaite est devenue rare, même chez les intellectuels, voire chez les profs de français !).
--- Evitez les sigles clairs pour vous, mais qui ne le sont pas pour tous : CNN désigne peut-être, entre autres, le Cercle des Nageurs de Nyon dont vous faites partie, mais si c’est le cas, beaucoup l’ignorent, même dans la région, et ces trois lettres évoqueront inévitablement un média archiconnu.
--- En haut à droite, si elle est demandée, collez (d’un simple point de colle) une photographie, faite par un professionnel à qui vous aurez demandé des copies de celle qui lui semble donner de votre personnalité l’image idéale (il est probablement meilleur juge que vous).
--- A gauche de votre photo, donnez votre identité (Caroline DURAND et non DURAND Caroline), de préférence en caractères gras, puis, en caractères ordinaires, votre adresse (Rue des Lilas 13, 1202 Genève – mais en France 13, rue des Lilas, 75006 Paris) et votre/vos numéro(s) de téléphone, éventuellement de fax, ainsi que votre adresse de courriel (e-mail). D’emblée vous voilà sorti(e) de l’anonymat : vous avez un visage, un prénom et un nom, et l’employeur saura où et comment vous joindre. (Si vous n’avez pas ou plus le téléphone ou d’accès à internet, ce qui malheureusement est le cas de certains demandeurs d’emploi, indiquez, avec la mention « Pour contact », un numéro ou une adresse de courriel où l’on pourra vous atteindre directement ou indirectement.)
--- Si vous avez un atout (professionnel uniquement !) à faire jouer, indiquez-le par une formule lapidaire (4 ou 5 mots au maximum) sous les éléments précédents, à la hauteur du bas de votre photo s’il y en a une, bien mis en évidence grâce à un espace blanc après le numéro de téléphone : p.ex. « Douze ans de vente ». Votre atout sera ainsi d’emblée associé à votre image et à vos coordonnées.
--- L’EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE intéresse tout particulièrement les employeurs. Généralement on énumère les étapes professionnelles en donnant les dates de commencement et de fin pour chacune d’elles (1983 à 1987, 1989 à 1992, 1994 à 1995…). L’inconvénient, surtout en période de crise d’emploi : les « trous », dont vous êtes probablement la victime plus que le/la responsable, mais qui ne manqueront pas de faire naître des questions dans l’esprit de l’employeur. C’est pourquoi, si votre vie professionnelle est marquée de tels « trous » qu’il est peut-être prudent de laisser dans l’ombre, vous pouvez énumérer les étapes de votre vie professionnelle en donnant plutôt les durées : 4 ans ici, 5 ans là, etc. (chaque fois à la ligne bien entendu), et en précisant la fonction qui était la vôtre. Si vous avez travaillé, et avec succès, dans des entreprises réputées, il est bon de citer leur nom.
--- Quant à votre FORMATION, n’évoquez pas votre enfance ni votre adolescence (vous n’êtes pas chez le « psy » !) : contentez-vous d’indiquer clairement votre niveau d’études et/ou de formation professionnelle et les diplômes obtenus, ainsi que les stages effectués.
--- La rubrique DIVERS est celle où bien des candidats se perdent dans des détails qui n’intéressent qu’eux. Donnez simplement votre âge (34 ans, 42 ans…) : la date de votre naissance est superflue, et son heure à proscrire absolument, car vous ne vous adressez pas à un astrologue ! Précisez votre état civil et combien d’enfants, le cas échéant, vous avez. Certains employeurs craignent, à tort ou à raison, qu’un mère de famille risque de rester à la maison en cas de maladie d’un jeune enfant. C’est là qu’une femme plus âgée peut compenser son handicap (les employeurs hésitent souvent à engager des personnes de plus de 40 ou 45 ans) si elle précise que ses enfants sont majeurs. Quant aux sports que vous pratiquez et à vos loisirs, je vous déconseille, sauf si vous briguez certains emplois particuliers, de mentionner les sports à haut risque (ce n’est pas pour vous rendre visite à l’hôpital ou pour assister à vos obsèques qu’on vous engagera), et votre collection de timbres donnera de vous l’image d’un solitaire, ce qui est fâcheux pour les emplois où l’esprit d’équipe est nécessaire. Feront en revanche excellente impression la marche et la lecture, les concerts et spectacles, ainsi que les sports d’équipe (l’esprit d’équipe est essentiel dans une entreprise) ou demandant une certaine énergie (tennis, aviron, jogging…). Et votre grade de capitaine ou de major ? Naguère tenu pour un atout majeur chez un candidat qui vise un poste où il s’agit d’assumer des responsabilités et de savoir se faire obéir, notamment dans l’administration et les banques, un grade élevé est désormais considéré par beaucoup de patrons comme un handicap, compte tenu du nombre de jours de service qu’en Suisse il implique chaque année. Soyez donc prudent à cet égard. Essayez de vous renseigner discrètement sur l’attitude adoptée à cet égard par l’entreprise où vous souhaitez être engagé.
Quant aux LANGUES, soyez bref, clair et véridique. Dans l’ordre décroissant, dites quelles langues vous connaissez (de « parlé, lu, écrit » à « quelques notions »). Que les mauvaises notes accumulées à l’école ne vous « complexent » pas : une secrétaire ou employée de bureau qui reçoit par téléphone une commande venue de Suisse allemande ou de Londres n’est pas en train de traduire Goethe ou Shakespeare ; en revanche elle doit être précise et bien utiliser l’ordinateur pour connaître l’état des stocks et les délais de livraison.
Devez-vous dire quels sont VOS OBJECTIFS ? Oui, à condition d’être réaliste, sincère, franc et de vous en tenir aux objectifs à court terme. L’employeur saura ainsi qu’au-delà du salaire, vous avez des buts. La volonté et le dynamisme dont vous ferez ainsi preuve ont des chances de « faire la différence » entre votre candidature et les autres.
B) Les entretiens
Votre curriculum vitæ doit donner envie à l’employeur de vous rencontrer pour un entretien.
Il est recommandé de s’y présenter avec 1 ou 2 minutes d’avance, mais pas plus de 10. Vous vous serez évidemment douché(e), désodorisé(e) si nécessaire (sans excès de désodorisant, de grâce), bien coiffé(e), habillé(e) de façon à la fois sobre et soignée (rien de provocant, pas d’excès de parfum ou d’eau de toilette). Arriver en fumant… ou en éteignant sa cigarette est catastrophique, et au cours de l’entretien, si votre interlocuteur fume, abstenez-vous de toute remarque évidemment, mais sachez que vous avez le droit le refuser (poliment !) la cigarette qu’il vous propose.
Les première secondes sont décisives. Que votre regard soit franc et, si vous êtes un homme, votre poignée de main énergique (sans excès). Souriez. Votre attitude sera calme et attentive. Regardez votre interlocuteur dans les yeux, écoutez-le bien. Répondez brièvement (son temps est compté !) et avec précision à ses questions. Ne vous perdez jamais dans les détails. Informez-vous, par des questions précises (mais non indiscrètes), sur l’entreprise et sur le poste mis au concours. Concentrez-vous sur l’entreprise et sur ce poste plus que sur vous-même : c’est pour l’entreprise que vous serez engagé, pas pour vous !
Faites jouer discrètement la concurrence, en laissant entendre que vous avez pris contact avec d’autres entreprises. Si l’on vous demande lesquelles, retranchez-vous derrière votre devoir de discrétion. Gardez-vous d’avoir l’air d’être aux abois et prêt(e) à occuper n’importe quel emploi. Mais ne jouez pas non plus les grands seigneurs dédaigneux : rappelez-vous la fable du héron, qui en fin de compte dut se contenter du menu fretin.
Si possible avec l’aide de ces conseillers compétents que l’Etat en met désormais au service des demandeurs d’emploi, vous vous serez préparé(e) à faire face à des questions sur votre expérience professionnelle, votre caractère, votre aptitude à travailler en groupe, vos prétentions de salaire (voir ci-dessous), vos motivations et plus particulièrement les raisons qui vous font désirer l’emploi mis au concours.
Le salaire ? Il est préférable d’attendre que votre interlocuteur aborde ce sujet. Il le fera en principe à la fin de l’entretien. Peut-être serez-vous surpris(e) de l’entendre articuler un montant bien supérieur à vos espérances, si vous avez su faire bonne impression : n’en laissez rien paraître, et félicitez-vous de n’avoir articulé aucun chiffre vous-même…
Sans dépenser de grosses sommes au profit des petits malins qui s’enrichissent grâce à la détresse des chômeurs, et en vous adressant de préférence, j’y insiste, aux professionnels de bon conseil qui, dans les organismes officiels, servent les intérêts des demandeurs d’emploi, sollicitez une critique constructive de votre façon de vous présenter et de vous exprimer. Ne vous vexez pas, ne vous découragez pas : il vaut mieux recevoir des critiques AVANT un éventuel entretien d’embauche que d’échouer !
Christophe Baroni © 1996 et 2010
Dans mon livre CE QUE RÉVÈLE L’ÉCRITURE (cote L 16, cliquer sur le titre pour en voir le sommaire, et sur contact pour le commander), vous trouverez de précieux conseils pour les demandeurs d’emploi.
Nombre d’entreprises font faire une analyse graphologique, sans toujours en avertir les candidats comme elles devraient le faire – mais si l’on exige que la lettre de candidature soit écrite à la main, vous savez à quoi vous en tenir ! Or la graphologie permet d’éliminer d’emblée bien des candidats… Et même si la lettre est écrite sur un clavier, restent la signature et l’adresse – si révélatrices !