NORD/SUD et CRIMES COLONIAUX et POST-COLONIAUX

fleche L’AFRIQUE RÉCLAME JUSTICE POUR LES CRIMES ET GÉNOCIDES QU’ELLE A SUBIS

En 1884-1885 s’était tenue à Berlin la Conférence pour la colonisation, le partage et la division de l’Afrique.

Pour le 125e anniversaire de cette Conférence de Berlin, un TRIBUNAL HISTORIQUE a été organisé par l'Afrika-Rat de Berlin-Brandenbourg, en collaboration avec la section allemande du Global Afrikan Congress et en présence du professeur Kapet de Bana, coordinateur international du Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine (il tint le rôle d’avocat général plaidant).

Ce tribunal a accueilli à Berlin, les 25 et 26 février 2010, plus de 300 participants. Des experts et témoins sont arrivés du monde entier : des Africains et des personnes d'origine africaine venus de différentes parties du globe, notamment de Mauritanie, de la République Démocratique du Congo, du Cameroun, d'Érythrée, d'Éthiopie, du Rwanda, de Tanzanie, de Guinée équatoriale, de Namibie, du Bénin, de la Jamaïque, du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d'Espagne et de Suisse.

Le tribunal a décidé que le partage criminel arbitraire de l'Afrique, effectué il y a 125 ans par les États européens criminels génocidaires dans le plus grand mépris de la culture, de la souveraineté, des lois et des institutions africaines, constitue un CRIME irréfragable contre L‘HUMANITE.

« C'est tout un continent qui a été humilié et son peuple avec lui », a déclaré la Secrétaire d’Etat allemande au Travail et à l’Intégration, Mme Liebich, dans son message aux participants.

Or, selon la coutume et le droit international en vigueur, les Crimes contre

l'Humanité et les Génocides sont imprescriptibles par nature, et sanctionnés par des réparations et restitutions. Les Africains et les personnes d'origine africaine, sous le parrainage du

Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine, demandent donc RÉPARATION et RESTITUTION.

En outre, le tribunal a exigé

– Le tribunal a cité expressément Haïti et demandé à la France de rembourser à ce pays les dédommagements versés en vue d’obtenir le droit à la reconnaissance internationale.
– Les Etats colonisateurs de l’Afrique sont également sommés par le tribunal de payer des réparations pour avoir soumis les Africains à l'esclavage et autres atrocités, entre autres les travaux forcés.
– Le tribunal a exigé la mise en application immédiate de la Déclaration de Durban et le programme d'action adopté par la Conférence.
– D'autre part, il demande à l'ONU de mettre des moyens à la disposition du Comité de Durban+10, ainsi qu'un forum pour les personnes d'origine africaine, semblable au forum des peuples autochtones.
– Le tribunal a adopté comme plan d'action d'adresser aux Nations Unies une demande formelle en vue d'encourager les États membres à nommer les faits et à aborder le sujet des réparations dues aux victimes.
– Il a exigé également la reconnaissance du racisme contre les noirs en tant que forme spécifique de racisme, la mise en place de recherches concernant son ampleur ainsi que l'interdiction de le nier ou de justifier le colonialisme et les atrocités coloniales, l'esclavagisme et le commerce des esclaves.


fleche JUSTICE POUR THOMAS SANKARA (1949-1987) !

« De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët-Boigny, mais aussi de la France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS) au nom de la famille, donnait raison aux plaignants, et demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, d’offrir des compensations à la famille pour le traumatisme subi, et de divulguer publiquement la décision du comité.

Le 21 avril 2008, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, en contradiction totale avec la décision précédente, a clos le dossier sans qu’une enquête ait été diligentée. Cette décision ne fait pas honneur à cette institution.

Au sein de la communauté internationale, certains font mine de voir en Blaise Compaoré un homme de paix, lui qui pourtant est notoirement impliqué dans les conflits au Libéria, en Sierra Leone et dans des trafics d’armes et de diamants pour l’UNITA de Jonas Sawimbi alors sous embargo onusien, et plus récemment dans le conflit qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

Cette même communauté internationale nous propose de nous apitoyer sur ce continent pourtant si riche qu’est l’Afrique, tout en travaillant à perpétuer son assistance et sa soumission. En réalité, les vraies raisons des difficultés du continent sont à chercher dans les réseaux internationaux qui fomentent les guerres et les assassinats pour conserver leur mainmise sur les richesses du continent avec la complicité des pays occidentaux et de certains dirigeants africains.

Plus de 22 ans après son assassinat, Sankara, personnage historique, leader africain de premier plan, représente de plus en plus une référence, comme leader intègre, déterminé, créatif et courageux, précurseur de la lutte pour la défense de l’environnement ; et la révolution burkinabé est devenue un modèle de développement. Sankara a été assassiné parce qu’il dénonçait (voir ci-dessous) la dette odieuse et le diktat des puissances occidentales, mais aussi parce qu’il engageait une politique décidée dans son pays, orientée vers les besoins de son pays, pour la satisfaction des populations de son pays, tout en œuvrant pour le panafricanisme.

C’est pourquoi nous soutenons et appelons à soutenir les initiatives du collectif juridique du la CIJS qui inlassablement, depuis plus de 12 ans, intente des actions juridiques aux côtés de la famille Sankara.

Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages désignent comme impliqués, à savoir principalement la France, les USA, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20e.

Nous appelons la jeunesse, les partis démocratiques, le mouvement social en Afrique et au-delà dans les pays du monde à continuer à se mobiliser pour que cette enquête fasse toute la lumière sur cet assassinat et pour que justice soit faite, ce qui serait un grand pas pour mettre fin à l’impunité en Afrique. »

Je vous invite à visiter le site www.thomassankara.net (le texte ci-dessus en est extrait) et à y signer la pétition « Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique ». Christophe Baroni.


fleche Thomas Sankara demande l’annulation de la DETTE DU TIERS-MONDE

(Extraits de son discours à la 25e Conférence au sommet des pays membres de l'OUA à Addis-Abeba, le 29 juillet 1987. Il sera assassiné le 15 octobre 1987.)

« Nous estimons que la dette s'analyse d'abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l'argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés, ce sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies, ce sont les colonisateurs qui endettaient l'Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer. »

« La dette, c'est encore le Néo-Colonialisme où les colonisateurs se sont transformés en assistants techniques ; en fait, nous devrions dire qu'ils se sont transformés en assassins techniques ; et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement. (…) On nous a présenté des montages financiers alléchants, des dossiers ; nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans, même plus : c’est-à-dire que l'on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus. »

« Mais la dette, c'est sa forme actuelle, contrôlée, dominée par l'impérialisme, une reconquête savamment organisée pour que l'Afrique, sa croissance, son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l'esclave financier, c’est-à-dire l'esclave tout court de ceux qui ont eu l'opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l'obligation de rembourser. »

«  La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fond ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. Ceux qui nous ont conduits à l'endettement ont joué comme dans un casino ; quand ils gagnaient, il n'y avait point de débat, maintenant qu'ils ont perdu au jeu, ils exigent de nous le remboursement ; et l'on parle de crise. Non ! Monsieur le Président, ils ont joué, ils ont perdu, c'est la règle du jeu, la vie continue ! »

« Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n'avons pas de quoi payer ; nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette ; nous ne pouvons pas payer la dette parce que, au contraire, les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C'est notre sang qui a été versé ; on parle du plan Marshall qui a refait l'Europe Economique, mais on ne parle jamais du plan Africain qui a permis à l'Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leur économie était menacée, leur stabilité menacée. Qui a sauvé l'Europe ? C'est l'Afrique ! On en parle très peu, on en parle si peu que nous ne pouvons pas, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l'Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme. »

« La dette, c'est aussi la conséquence des affrontements ; et lorsque l'on nous parle aujourd'hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n'est pas venue de façon subite, la crise existe de tout temps et elle ira en s'aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leur droit face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd'hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus ; il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l'étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l' Afrique ; il y a crise parce que face à des richesses individuelles que l'on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos, dans les bas quartiers ; il y a crise parce que les peuples partout refusent d'être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l'exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s'inquiéter. On nous demande aujourd'hui d'être complices de la recherche d'un équilibre, équilibre en faveur des tenants du pouvoir financier, équilibre au détriment de nos masses populaires. Non, nous ne pouvons pas être complices, non, nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples, nous ne pouvons pas les accompagner dans leur démarche assassine. »

« Monsieur le président, nous entendons parler de club, club de Rome, club de Paris, club de partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, du groupe des sept, du groupe des dix, peut-être du groupe des cent et que sais-je encore. Il est normal que nous créions notre club et notre groupe, faisant en sorte que dès aujourd'hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d'où partira le souffle nouveau : le club d'Addis-Abeba. »

« Nous avons le devoir aujourd'hui de créer le front uni d'Addis-Abeba contre la dette. Ce n'est que de cette façon que nous pouvons dire aux autres qu'en refusant de payer la dette nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse ; au contraire, c'est dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste, les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique, mais ceux qui veulent exploiter l'Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l'Europe ; nous avons un ennemi commun. »

« Les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre, quand il vole, il ne commet qu'un larcin ou une peccadille tout jute pour survivre par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples. »

« Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? (…) Tous nous le souhaitons ! »

« Je ne voudrais pas que l'on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité et sans expérience. Je ne voudrais pas non plus que l'on pense qu'il n'y a que les révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais que l'on admette que c'est simplement l'objectivité et l'obligation et je peux citer, dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires comme des non-révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. »


fleche LA « FRANÇAFRIQUE » ou « MAFIAFRIQUE »

Extraits du livre de Christophe Baroni LE TEMPS DES INCERTITUDES (cote L 4), paru en nov. 1998 (Tous droits réservés) :

« Armée, nucléaire, pétrole et argent sont étroitement imbriqués. Les idéaux républicains, démocratiques, les droits de l’homme pèsent peu face à ces puissances.

» Pour reprendre l’exemple de la France, qui n’est évidemment pas le seul Etat où beaucoup de dirigeants ont les mains sales, ‘‘la configuration réelle des pouvoirs réserve une place tout à fait privilégiée à Elf et à l’armée’’ qui, installées au cœur du régime, ‘‘détiennent le monopole de l’information légitime des gouvernants à propos du continent africain – entre autres’’, dénonce avec courage et sans illusions le mensuel ‘‘Billets d’Afrique’’ (sept. 1997). Dès juin-juillet 1997, ‘‘la logique militaro-pétrolière a fait tranquillement avaliser par le gouvernement Jospin ses options stratégiques au Gabon, au Tchad, au Niger, au Cameroun, etc.

» Par ailleurs, dans la ‘‘zone Franc’’ de l’Afrique noire, des sectes, notamment l’A.M.O.R.C., l’O.T.S. et le Mandarom, permettent l’accès de l’argent sale aux places financières du monde industrialisé, affirme, preuves à l’appui, Bruno Fouchereau dans ‘‘La mafia des sectes’’ : sur le continent africain comme en Amérique latine, la croissance des sectes est ‘‘à la mesure des ressources minières et des gisements pétrolifères’’ – et d’évoquer le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Congo, le Sénégal, le Cameroun. Un procureur suisse courageux ne vient-il pas de mettre en cause un potentat africain à la botte de la France, dans le cadre d‘une gigantesque affaire internationale impliquant le groupe pétrolier Elf ?

» L’imbrication des intérêts de tout ordre et la corruption sont telles qu’un chef d’Etat n’y peut guère remédier :

» Le 29 juin 1995, le président Chirac reçoit un compte rendu du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, intitulé ‘‘La criminalisation en Afrique subsaharienne’’. A la première page on peut y lire ceci : ‘‘La criminalisation de l’Afrique noire commence à poser de réels problèmes de sécurité à l’Europe occidentale et concerne directement la France. La zone Franc est une voie d’accès privilégiée de l’argent sale aux places financières du monde industrialisé. Certains de nos ressortissants sont directement impliqués dans les circuits de blanchiment en Afrique centrale… Jusqu’à nos forces armées qui sont compromises dans la consommation ou le trafic de stupéfiants…’’ Principaux pays épinglés dans ce rapport : le Togo et le Cameroun. Colère du Président, qui hurle qu’il faut tourner le dos aux chefs d’Etat africains corrompus. Bien vite il sera ‘‘ramené à des considérations plus terre à terre par ses conseillers avisés’’, ajoute Bruno Fouchereau. »


fleche SIDA : Des prostituées africaines comme cobayes

Le 26 janvier 2005, le quotidien communiste « L’Humanité », sous la plume de Camille Bauer, accusait l’organisation Family Health International (FHI) de faire des économies sur le dos de la vie humaine en décidant de procéder à un essai clinique pour un médicament du laboratoire Gilead contre le sida sur 1’200 prostituées de trois pays d’Afrique (Cameroun, Nigeria, Ghana). Etude en principe prometteuse : elle vise à tester si le Ténofovir, un médicament déjà utilisé dans les trithérapies, peut également servir à limiter les risques de contamination. Mais les dispositions accompagnant la mise en place de cette étude, financée à hauteur de 6,5 millions de dollars par la fondation Bill et Melinda Gates, vont « à l’encontre des règles éthiques », souligne l’association Act Up-Paris. D’abord, en choisissant de recruter des séronégatifs appartenant à un groupe de personnes fortement exposées au risque de contamination, le laboratoire s’évite de faire une longue étude coûteuse sur un échantillon plus large, explique l’association. Autre économie : au lieu de trouver une méthode qui permette de calculer les effets d’un médicament sans mettre en danger les patients, ce qui est généralement le cas, FHI a choisi de distribuer un placebo à la moitié de ses cobayes. Dans la mesure où ceux qui participent à une étude clinique se sentent protégés et tendent à réduire leur vigilance, la participation à l’étude multiplie les risques de contamination. D’autant qu’il s’agit de prostituées, qui ont déjà des difficultés à négocier le port du préservatif avec leurs partenaires. Pour autant, le laboratoire est clair sur un point : pas question de financer les traitements de celles qui seront contaminées à la suite de leur participation à l’étude. Les cobayes à bas prix doivent le rester !


"Ce qui se passe dans des pays comme le Congo-Brazzaville ou l'Angola, où le pétrole devient dette, guerre civile et dictature, est une forme d'esclavage moderne. (…) L'excès de maux infligé à l'Afrique renvoie au défi du bien public mondial, qui peut susciter des dynamiques inédites, des jeux à somme incroyablement positive. (…) Ne soyons pas trop pessimistes: on l'observe un peu partout sur la planète, l'intelligence civique de la mondialisation commence, avec un temps de retard, à sérieusement déranger une intelligence plus expéditive, oligarchique et/ou mafieuse." Lu dans Billets d'Afrique et d'ailleurs…, numéro de février 2002, édité par l'Association Survie, 57, av. du Maine, F 75014 Paris; survie@wanadoo.fr.): cette publication est une précieuse mine de renseignements sur la " Françafrique ", que l'on peut de plus en plus appeler une " Mafiafrique ". Son site: www.globenet.org/survie.
François-Xavier Verschave, cheville ouvrière de l’association Survie et auteur du livre « Noir Chirac » (Edit. Les Arènes, 2002), s’indigne de l’utilisation manipulatrice de son ouvrage par le candidat à la présidence de la République française Jean-Marie Le Pen. Il écrit : « Au second tour ne subsistent que deux candidats : l’ami des dictateurs néocoloniaux, associé au pillage de l’Afrique, et un fasciste xénophobe, dont je dénonce les complicités avec les pires aventures mercenaires. » La mort dans l’âme, F.-X. Verschave et l’association Survie ont fait le choix politique d’appeler à voter Chirac au second tour.


Le SOUDAN est en proie à la guerre depuis 1983, et les estimations les plus basses font état de 1 500 000 morts, toutes les autres sources situant leur nombre entre 1 900 000 et 4 000 000 - sauf M. Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères (le mauvais choix imposé à Jospin par Chirac, estime www.reseauvoltaire.net/jospin97.html ), qui le minimise, intérêts pétroliers obligent. Si la tragédie du Soudan vous touche et si vous désirez échapper à la désinformation, nous vous recommandons le périodique « Vigilance Soudan » et son site www.vigilsd.org; e-mail bureau@vigilsd.org.

Le pire côtoie le pire. Savez-vous chez qui l'on trouva en 1990 " le plus important studio de pornographie enfantine jamais découvert en Europe " ? Chez ce même Hubert Védrine (appelé à l'Elysée dès 1981 par Mitterrand), qui partageait alors son domicile avec le père Nicolas Glencross, nous apprend www.reseauvoltaire. Les photographies du père Glencross étaient transmises par le pasteur Jean Doucé à l'éditeur nazi Michel Caignet, qui les commercialisait. Glencross décéda opportunément peu après sa sortie de détention préventive, Doucé fut assassiné (sur ordre de l'Elysée, murmurent des connaisseurs du dossier, mais rien n'a jamais pu être prouvé juridiquement), et ainsi l'affaire s'éteignit sans qu'Hubert Védrine eût été entendu dans le cadre de l'enquête… (Voir notre document " SECTES, etc. ")



AFRICAINS COBAYES
«Des cliniques appartenant à des multinationales qui utilisent les populations pauvres africaines comme cobayes pour tester des médicaments ? Bien sûr que ça existe ! A la fin des années 90, une entreprise a profité d’une épidémie de méningite au Nigéria pour tester sur des enfants les effets secondaires d’un antibiotique destiné au marché américain. L’entreprise n’était pas préoccupée par l’efficacité du médicament pou cette affection en particulier ni par la sécurité des enfants. Une telle pratique provoquerait un scandale en Occident ! En Afrique, elle ne nous choque pas», révèle le Daniel Berman, médecin à Médecins sans Frontières-Genève («Tribune de Genève», 14-15.1.2006), à l’occasion de la sortie du film «The Constant Gardener», tiré du livre de John Le Carré (même titre) paru en 2001 et qui dénonce les pratiques de groupes pharmaceutiques en Afrique. C’est le docteur Berman qui «m’a fourni des informations dignes de trois étoiles au Michelin», remercie Le Carré à la fin de son «roman».



ELECTIONS "FRANCAFRICAINES" AU TCHAD
En 1996, les stratèges politico-militaires de Paris ayant décrété que le seigneur de guerre Idriss Déby était le moindre mal pour le Tchad, le "pays des Droits de l'Homme" choisit de légitimer ce dictateur - comme en 1992 au Cameroun, comme au Togo, comme au Gabon. "L'Elysée a embrayé, précipitant l'organisation d'une élection présidentielle 'clés en main'. A chaque étape (Commission électorale, recensement, référendum constitutionnel...), le couple Paris-Déby a balayé les objections des partis et de la société civile", révéla en juillet 1996 "Billets d'Afrique", édité par Survie. L'Armée française, la Mission de coopération et une ONG, le GERDDES, supervisèrent l'ensemble du processus électoral et tout particulièrement "la confection des résultats" (eh oui):
1) Le recensement fut truqué: 62 196 électeurs pour 73 185 habitants dans l'extrême Nord du pays, le Borkou Ennedi Tibesti, plus favorable à Déby.
2) Des candidats gênants furent évincés ou emprisonnés.
3) On inscrivit sur les listes env. 200 000 électeurs "tchadiens" résidant au Soudan et appartenant pour la plupart aux tribus transfrontalières favorables au clan de Déby (elles votent dans des conditions échappant à tout contrôle).
4) De vraies-fausses cartes électorales furent émises par le ministère de l'Intérieur, et d'autres rachetées dans les milieux supposés défavorables.
5) Du permanganate lavable remplaça fréquemment l'encre indélébile marquant les votants, ce qui favorisa les votes multiples.
6) Les 350 000 "nomades" (dont des enfants) fournirent à Déby plus de 500 000 électeurs.

Malgré ces fraudes, les estimations donnaient, à l'issue du dépouillement, environ 25% des voix à chacun des deux principaux candidats: Déby et le général Kamougué. Mais entre cette étape du scrutin et le résultat officiel, où n'interviennent que le transport par hélicoptères militaires français et la centralisation informatique, le score de Déby doubla! Dans la Biltine, région dont il est originaire, le taux de participation officiel atteignait 120,9%, alors que son rival Kamougué se voyait privé, d'après des recoupements, d'au moins 60 000 souffrages dans son fief, le Logone occidental, y passant ainsi de 75% à 43% des voix, ce qui entraîna la démission de l'évêque du lieu. Dans le Moyen-Chari, le score de Déby aurait été multiplié par 10, celui de son rival divisé par 3 ou 4. Au bout du compte, Déby se retrouvait élu au premier tour, avec 50,14% des voix.
Panique à Paris, devant un tel excès de zèle. Le directeur "Afrique" du Quai d'Orsay aurait personnellement donné la consigne: repasser sous la barre des 50%, pour ménager jusqu'au bout les apparences d'une compétition démocratique... Rappelé d'urgence de la piscine du Novotel, M. Grand d'Esnon aurait alors atténué la "gonflette": Déby obtenait désormais 47,86%, Kamougué 11,8%, révèle "Billets d'Afrique".

Ces résultats totalement truqués "constituent non seulement une humiliation et une injure inacceptables pour le peuple souverain, mais ils annoncent la fin de la Démocratie au Tchad au profit de l'aventurisme politico-militaire et de la résurgence d'une certaine opposition Nord-Sud entretenue à dessein", commenta la Ligue tchadienne des Droits de l'Homme (LTDH), présidée par Enoch Djondang. On coupa le téléphone des responsables politiques opposés à Déby, on convoqua et menaça les membres de la LTDH.
"En l'occurrence, conclut "Billets d'Afrique", la Françafrique a fait pire que soutenir une dictature: elle a amené un peuple à croire en la démocratie pour mieux lui 'légitimer' son tyran, par la fassification de son suffrage. Il n'est pas près d'oublier ce sabotage de sa volonté."

Est-ce bien aux dirigeants français de donner à d'autres Etats, telle la Chine, des leçons sur le respect des Droits de la Personne? "La France se comporte avec les pays africains comme si le Droit n'existait pas", écrit le 12 novembre 2007 Serge-Nicolas Nzi, du Centre africain d'études stratégiques (Abidjan.net). Mais Dieu merci, la France est aussi le pays où Voltaire (dans l'affaire Calas), Victor Hugo (de son exil) ou Emile Zola (dans l'affaire Dreyfus) surent dénoncer les crimes du Pouvoir. Truquages et désinformation ne l'emporteront pas toujours. Et l'Afrique s'es réveillée. Désormais elle entend parler d'égal à égal avec ses interlocuteurs.

Mieux vaut en rire:
--- "C'est grâce à l'aide de la France que des élections se tiennent et que des populations profitent du pluralisme et du multipartisme. N'en privez pas les peuples africains, vous briseriez leur espoir", déclara le 13 novembre 1996 Jacques Godfrain, ministre français de la Coopération.
--- "En Afrique, il n'y aura jamais d'élections de la qualité de celles du Danemark", estime un haut responsable français cité par le journaliste Patrick de Saint-Exupéry dans son article "Paris veut croire à la fin de la dictature au Togo", paru dans"Le Figaro" (Paris) le 4 mai 2005.



TCHAD, ARCHE DE ZOE, PSEUDO-ORPHELINS ET... EXPERMIENTATION MEDICALE ???
Idriss Déby, qui est toujours le dirigeant du Tchad, a dans l'étrange affaire de l'Arche de Zoé (2007) évoqué un réseau de trafic d'organes et de pédophiles. Nous ne le suivrons pas sur ce terrain. Mais des zones d'ombre dans ce dossier laissent bien songeur. Une petite ONG cacherait-elle un ou des laboratoires médicaux? Et un Sarkozy en cacherait-il ou en couvrirait-il un autre? Le fougueux pompier volontaire qui préside l'Arche de Zoé aurait-il joué le rôle de "l'idiot utile" ?

Un frère cadet du président Nicolas Sarkozy, le pédiatre François Sarkozy, siège dans le Comité d'évaluation de Paris Biotech Santé aux côtés de Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, laquelle était... le contact e-mail (adresse: lefebvre.s arobase parisbiotech.org) de l'Arche de Zoé dans l'avis de création, le 2 juillet 2005, de cette association. Fille du docteur J.-Fr. Dhainaut (lui-même chef du pôle Paris Biotech Santé et membre du Conseil scientifique de la commission Recherche de l'UMP, le parti du président Sarkozy), Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, alias Stéphanie Dhaulagiri, est secrétaire générale de l'Arche de Zoé et en tient la comptabilité. Elle est également directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Les commissaires aux comptes de l'Arché de Zoé et de Paris Biotech Santé sont les mêmes. Paris Biotech Santé a pour mission d'aider à la création d'entreprises dans le domaine de la santé: programmes sanitaires, recherche médicale, production de médicaments, services aux malades... Intéressante est la carrière fulgurante du pédiatre Ftançois Sarkozy: directeur médical d'Aventis Pharma, puis directeur du développement international chez Roussel-Uclaf "avant d'être propulsé vice-président du laboratoire pharmaceutique Bio Alliance Pharma et président d'AEC Partners", lit-on dans "La République des Lettres" en date du 8 novembre 2007. Bio Alliance Pharma a, pour objet, entre autres, de tester, avant leur lancement sur le marché, de nouveaux médicaments sur des patients volontaires. Toujours conscients et volontaires, ose-t-on espérer.

Pour forger votre propre opinion et suivre le dossier, il vous suffit de taper dans un bon moteur de recherche les mots "Arche de Zoé Tchad laboratoire". Les principaux médias français sont tenus par le Pouvoir, vous le savez..



Parmi les lueurs d’espoir en Afrique : un combat exemplaire POUR LA DIGNITÉ ET LA PROTECTION DES DROITS DES ENFANTS, celui de Marguerite Barankitse, marraine de l'Appel Mondial à une nouvelle mobilisation pour l'Enfance.

Elle a sauvé des milliers d'enfants durant le génocide qui a ravagé son pays, le Burundi, de 1993 à 2003.

Le 25 octobre 1993, l'une des pires journées de la guerre civile du Burundi, elle commence à abriter et à nourrir 25 enfants.

Par la suite, elle organise un réseau qui parvient à venir en aide à un nombre d'enfants sans cesse plus grand. En mai 1994, l'évêque de Ruyigi prête une école qui sera transformée en un refuge pour enfants, nommé « Maison Shalom ».

En 2004, on estimait à 20 000 le nombre d'enfants ayant bénéficié directement ou indirectement de son aide.

« Je n'ai qu'un rêve : que chaque enfant puisse vivre en famille et dans la dignité. Il y a assez de richesses à partager dans le monde. Il y a tant d'enfants qui meurent d'avoir trop mangé et tant qui meurent de n'avoir rien. C'est pourquoi je viens ici faire cet appel... Vous savez, j'ai un surnom, on m'appelle ‘‘la folle du Burundi’’. Je voudrais que quand je sortirai de cette salle, vous ayez été contaminés par cette folie... Je lis beaucoup de livres sur les droits des enfants, mais partout, ces droits sont bafoués. Nous devons nous révolter car c'est notre avenir qui est en danger. Nous pouvons nous taire, mais alors, ces enfants ne nous laisseront jamais tranquilles... C'est ce que nous devons faire, délier les langues... Je suis venue vous parler des merveilles de la vie : les enfants. C'est la vraie richesse que nous possédons. » Marguerite Barankitse, lancement de l'Appel Mondial pour l'Enfance, Genève, 4 juin 2009.

Le courage et la force morale et spirituelle de Marguerite Barankitse lui ont permis, bien souvent au risque de sa vie, de construire en une décennie une œuvre extraordinaire pour protéger les enfants des ravages de la guerre et du sida, dans l'effroyable chaos du Burundi de la période 1993 - 2003. L'étendue de son action, fondée sur le principe essentiel de l'accueil inconditionnel des enfants, indépendamment de leur origine tutsi ou hutu, lui vaut une immense reconnaissance internationale.

Le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE) se sent en grande affinité avec son approche des enfants : à la fois extrêmement respectueuse et délicate, s'enracinant dans le principe de la résilience et dans une foi en l'enfant profondément évangélique.

Maggy Barankitse a accepté de parrainer l'Appel Mondial pour l'Enfance lancé par le BICE à Genève le 4 juin 2009 : le BICE est très honoré qu'elle commémore ainsi à ses côtés le 20e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE).


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