NORD/SUD

"Ce qui se passe dans des pays comme le Congo-Brazzaville ou l'Angola, où le pétrole devient dette, guerre civile et dictature, est une forme d'esclavage moderne. (…) L'excès de maux infligé à l'Afrique renvoie au défi du bien public mondial, qui peut susciter des dynamiques inédites, des jeux à somme incroyablement positive. (…) Ne soyons pas trop pessimistes: on l'observe un peu partout sur la planète, l'intelligence civique de la mondialisation commence, avec un temps de retard, à sérieusement déranger une intelligence plus expéditive, oligarchique et/ou mafieuse." Lu dans Billets d'Afrique et d'ailleurs…, numéro de février 2002, édité par l'Association Survie, 57, av. du Maine, F 75014 Paris; survie@wanadoo.fr.): cette publication est une précieuse mine de renseignements sur la " Françafrique ", que l'on peut de plus en plus appeler une " Mafiafrique ". Son site: www.globenet.org/survie.
François-Xavier Verschave, cheville ouvrière de l’association Survie et auteur du livre « Noir Chirac » (Edit. Les Arènes, 2002), s’indigne de l’utilisation manipulatrice de son ouvrage par le candidat à la présidence de la République française Jean-Marie Le Pen. Il écrit : « Au second tour ne subsistent que deux candidats : l’ami des dictateurs néocoloniaux, associé au pillage de l’Afrique, et un fasciste xénophobe, dont je dénonce les complicités avec les pires aventures mercenaires. » La mort dans l’âme, F.-X. Verschave et l’association Survie ont fait le choix politique d’appeler à voter Chirac au second tour.

Le SOUDAN est en proie à la guerre depuis 1983, et les estimations les plus basses font état de 1 500 000 morts, toutes les autres sources situant leur nombre entre 1 900 000 et 4 000 000 - sauf M. Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères (le mauvais choix imposé à Jospin par Chirac, estime www.reseauvoltaire.net/jospin97.html ), qui le minimise, intérêts pétroliers obligent. Si la tragédie du Soudan vous touche et si vous désirez échapper à la désinformation, nous vous recommandons le périodique « Vigilance Soudan » et son site www.vigilsd.org; e-mail bureau@vigilsd.org.

Le pire côtoie le pire. Savez-vous chez qui l'on trouva en 1990 " le plus important studio de pornographie enfantine jamais découvert en Europe " ? Chez ce même Hubert Védrine (appelé à l'Elysée dès 1981 par Mitterrand), qui partageait alors son domicile avec le père Nicolas Glencross, nous apprend www.reseauvoltaire. Les photographies du père Glencross étaient transmises par le pasteur Jean Doucé à l'éditeur nazi Michel Caignet, qui les commercialisait. Glencross décéda opportunément peu après sa sortie de détention préventive, Doucé fut assassiné (sur ordre de l'Elysée, murmurent des connaisseurs du dossier, mais rien n'a jamais pu être prouvé juridiquement), et ainsi l'affaire s'éteignit sans qu'Hubert Védrine eût été entendu dans le cadre de l'enquête… (Voir notre document " SECTES, etc. ")

AFRICAINS COBAYES
«Des cliniques appartenant à des multinationales qui utilisent les populations pauvres africaines comme cobayes pour tester des médicaments ? Bien sûr que ça existe ! A la fin des années 90, une entreprise a profité d’une épidémie de méningite au Nigéria pour tester sur des enfants les effets secondaires d’un antibiotique destiné au marché américain. L’entreprise n’était pas préoccupée par l’efficacité du médicament pou cette affection en particulier ni par la sécurité des enfants. Une telle pratique provoquerait un scandale en Occident ! En Afrique, elle ne nous choque pas», révèle le Daniel Berman, médecin à Médecins sans Frontières-Genève («Tribune de Genève», 14-15.1.2006), à l’occasion de la sortie du film «The Constant Gardener», tiré du livre de John Le Carré (même titre) paru en 2001 et qui dénonce les pratiques de groupes pharmaceutiques en Afrique. C’est le docteur Berman qui «m’a fourni des informations dignes de trois étoiles au Michelin», remercie Le Carré à la fin de son «roman».

ELECTIONS "FRANCAFRICAINES" AU TCHAD
En 1996, les stratèges politico-militaires de Paris ayant décrété que le seigneur de guerre Idriss Déby était le moindre mal pour le Tchad, le "pays des Droits de l'Homme" choisit de légitimer ce dictateur - comme en 1992 au Cameroun, comme au Togo, comme au Gabon. "L'Elysée a embrayé, précipitant l'organisation d'une élection présidentielle 'clés en main'. A chaque étape (Commission électorale, recensement, référendum constitutionnel...), le couple Paris-Déby a balayé les objections des partis et de la société civile", révéla en juillet 1996 "Billets d'Afrique", édité par Survie. L'Armée française, la Mission de coopération et une ONG, le GERDDES, supervisèrent l'ensemble du processus électoral et tout particulièrement "la confection des résultats" (eh oui):
1) Le recensement fut truqué: 62 196 électeurs pour 73 185 habitants dans l'extrême Nord du pays, le Borkou Ennedi Tibesti, plus favorable à Déby.
2) Des candidats gênants furent évincés ou emprisonnés.
3) On inscrivit sur les listes env. 200 000 électeurs "tchadiens" résidant au Soudan et appartenant pour la plupart aux tribus transfrontalières favorables au clan de Déby (elles votent dans des conditions échappant à tout contrôle).
4) De vraies-fausses cartes électorales furent émises par le ministère de l'Intérieur, et d'autres rachetées dans les milieux supposés défavorables.
5) Du permanganate lavable remplaça fréquemment l'encre indélébile marquant les votants, ce qui favorisa les votes multiples.
6) Les 350 000 "nomades" (dont des enfants) fournirent à Déby plus de 500 000 électeurs.

Malgré ces fraudes, les estimations donnaient, à l'issue du dépouillement, environ 25% des voix à chacun des deux principaux candidats: Déby et le général Kamougué. Mais entre cette étape du scrutin et le résultat officiel, où n'interviennent que le transport par hélicoptères militaires français et la centralisation informatique, le score de Déby doubla! Dans la Biltine, région dont il est originaire, le taux de participation officiel atteignait 120,9%, alors que son rival Kamougué se voyait privé, d'après des recoupements, d'au moins 60 000 souffrages dans son fief, le Logone occidental, y passant ainsi de 75% à 43% des voix, ce qui entraîna la démission de l'évêque du lieu. Dans le Moyen-Chari, le score de Déby aurait été multiplié par 10, celui de son rival divisé par 3 ou 4. Au bout du compte, Déby se retrouvait élu au premier tour, avec 50,14% des voix.
Panique à Paris, devant un tel excès de zèle. Le directeur "Afrique" du Quai d'Orsay aurait personnellement donné la consigne: repasser sous la barre des 50%, pour ménager jusqu'au bout les apparences d'une compétition démocratique... Rappelé d'urgence de la piscine du Novotel, M. Grand d'Esnon aurait alors atténué la "gonflette": Déby obtenait désormais 47,86%, Kamougué 11,8%, révèle "Billets d'Afrique".

Ces résultats totalement truqués "constituent non seulement une humiliation et une injure inacceptables pour le peuple souverain, mais ils annoncent la fin de la Démocratie au Tchad au profit de l'aventurisme politico-militaire et de la résurgence d'une certaine opposition Nord-Sud entretenue à dessein", commenta la Ligue tchadienne des Droits de l'Homme (LTDH), présidée par Enoch Djondang. On coupa le téléphone des responsables politiques opposés à Déby, on convoqua et menaça les membres de la LTDH.
"En l'occurrence, conclut "Billets d'Afrique", la Françafrique a fait pire que soutenir une dictature: elle a amené un peuple à croire en la démocratie pour mieux lui 'légitimer' son tyran, par la fassification de son suffrage. Il n'est pas près d'oublier ce sabotage de sa volonté."

Est-ce bien aux dirigeants français de donner à d'autres Etats, telle la Chine, des leçons sur le respect des Droits de la Personne? "La France se comporte avec les pays africains comme si le Droit n'existait pas", écrit le 12 novembre 2007 Serge-Nicolas Nzi, du Centre africain d'études stratégiques (Abidjan.net). Mais Dieu merci, la France est aussi le pays où Voltaire (dans l'affaire Calas), Victor Hugo (de son exil) ou Emile Zola (dans l'affaire Dreyfus) surent dénoncer les crimes du Pouvoir. Truquages et désinformation ne l'emporteront pas toujours. Et l'Afrique s'es réveillée. Désormais elle entend parler d'égal à égal avec ses interlocuteurs.

Mieux vaut en rire:
--- "C'est grâce à l'aide de la France que des élections se tiennent et que des populations profitent du pluralisme et du multipartisme. N'en privez pas les peuples africains, vous briseriez leur espoir", déclara le 13 novembre 1996 Jacques Godfrain, ministre français de la Coopération.
--- "En Afrique, il n'y aura jamais d'élections de la qualité de celles du Danemark", estime un haut responsable français cité par le journaliste Patrick de Saint-Exupéry dans son article "Paris veut croire à la fin de la dictature au Togo", paru dans"Le Figaro" (Paris) le 4 mai 2005.

TCHAD, ARCHE DE ZOE, PSEUDO-ORPHELINS ET... EXPERMIENTATION MEDICALE ???
Idriss Déby, qui est toujours le dirigeant du Tchad, a dans l'étrange affaire de l'Arche de Zoé (2007) évoqué un réseau de trafic d'organes et de pédophiles. Nous ne le suivrons pas sur ce terrain. Mais des zones d'ombre dans ce dossier laissent bien songeur. Une petite ONG cacherait-elle un ou des laboratoires médicaux? Et un Sarkozy en cacherait-il ou en couvrirait-il un autre? Le fougueux pompier volontaire qui préside l'Arche de Zoé aurait-il joué le rôle de "l'idiot utile" ?

Un frère cadet du président Nicolas Sarkozy, le pédiatre François Sarkozy, siège dans le Comité d'évaluation de Paris Biotech Santé aux côtés de Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, laquelle était... le contact e-mail (adresse: lefebvre.s arobase parisbiotech.org) de l'Arche de Zoé dans l'avis de création, le 2 juillet 2005, de cette association. Fille du docteur J.-Fr. Dhainaut (lui-même chef du pôle Paris Biotech Santé et membre du Conseil scientifique de la commission Recherche de l'UMP, le parti du président Sarkozy), Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, alias Stéphanie Dhaulagiri, est secrétaire générale de l'Arche de Zoé et en tient la comptabilité. Elle est également directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Les commissaires aux comptes de l'Arché de Zoé et de Paris Biotech Santé sont les mêmes. Paris Biotech Santé a pour mission d'aider à la création d'entreprises dans le domaine de la santé: programmes sanitaires, recherche médicale, production de médicaments, services aux malades... Intéressante est la carrière fulgurante du pédiatre Ftançois Sarkozy: directeur médical d'Aventis Pharma, puis directeur du développement international chez Roussel-Uclaf "avant d'être propulsé vice-président du laboratoire pharmaceutique Bio Alliance Pharma et président d'AEC Partners", lit-on dans "La République des Lettres" en date du 8 novembre 2007. Bio Alliance Pharma a, pour objet, entre autres, de tester, avant leur lancement sur le marché, de nouveaux médicaments sur des patients volontaires. Toujours conscients et volontaires, ose-t-on espérer.

Pour forger votre propre opinion et suivre le dossier, il vous suffit de taper dans un bon moteur de recherche les mots "Arche de Zoé Tchad laboratoire". Les principaux médias français sont tenus par le Pouvoir, vous le savez..


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